Jour du dépassement de la Terre : les comptes de la Terre passent dans le rouge
Le 30 juillet, c’est le Jour du dépassement de la Terre 2026. Cela signifie que la population mondiale a épuisé tout ce que l’écosystème mondial est capable de produire en un an. Une date qui rappelle pourquoi SYNOVA s’engage en faveur d’une économie qui respecte les limites planétaires tout en étant socialement juste.
Puisque tout ce que nous consommons est, à l’origine, produit par la nature et que les déchets que nous rejetons doivent, en fin de compte, être absorbés par celle-ci, nous vivons dès aujourd’hui « à crédit ». En d’autres termes, à partir de maintenant, toute consommation de produits agricoles ou issus de la pêche se fait nécessairement au détriment des écosystèmes, tels que les forêts, les prairies et les océans. L’utilisation de ressources minérales a désormais une incidence négative sur l’écosystème mondial, car celui-ci ne peut plus absorber la pollution générée par leur extraction. Quant aux gaz à effet de serre que nous émettons à partir d’aujourd’hui, ils ne sont plus absorbés par les plantes et les océans : ils restent dans l’atmosphère et accentuent le réchauffement climatique.
Puisque le Jour du dépassement de la Terre survient après seulement sept mois, il nous faudrait disposer de près de deux Terres pour maintenir le modèle économique actuel. Ce n’est évidemment pas le cas. La consommation des mois restants repose donc sur l’épuisement des matières premières, la combustion de combustibles fossiles (qui ajoute des gaz à effet de serre aux cycles naturels équilibrés) et l’accaparement d’écosystèmes au profit d’usages moins durables.
Qui en paie le prix ?
Il va de soi que cette situation menace la liberté et la prospérité de toutes et tous. Les responsabilités et les conséquences ne sont toutefois pas réparties de la même manière. Il est évident que la consommation est plus importante dans les pays riches. Il est tout aussi évident qu’au sein même de ces pays, elle est inégalement répartie. Et nous savons pertinemment que les personnes les moins favorisées subissent plus durement les conséquences de la pollution et du changement climatique.
SYNOVA plaide pour que l’activité humaine et économique soit ramenée dans les limites planétaires. La bonne nouvelle, c’est que nous savons que cela est possible et que les solutions sont connues. Le défi consiste à répartir équitablement les efforts, afin que tout le monde puisse participer à la transition et en récolter les fruits.
Une transition juste
La meilleure garantie pour y parvenir consiste à concevoir la transition vers une économie durable par la concertation. Le concept de transition juste est couramment utilisé depuis des années dans les milieux syndicaux lorsqu’il est question du passage à une société climatiquement neutre. Il peut cependant tout aussi bien s’appliquer à la transition plus large vers la durabilité.
Une transition juste repose sur des investissements suffisants dans les infrastructures, la recherche, la formation, etc., afin de créer de la sécurité d’emploi et de la prospérité. Elle suppose également que les droits des travailleurs soient respectés — notamment face aux nouveaux risques professionnels liés au changement climatique —, que des filets de sécurité sociale soient prévus pour les personnes qui subiraient une perte de revenus à la suite de catastrophes environnementales ou de mesures législatives en matière d’environnement, et qu’une concertation sociale permanente soit organisée à tous les niveaux pour mener la transition à bien.
L’économie circulaire, c’est l’avenir
Nous plaidons depuis longtemps en faveur d’une augmentation des investissements publics dans les infrastructures qui contribuent à la transition vers la durabilité. Nous pensons notamment aux investissements dans les transports publics intégrés, dans le parc de logements (au moyen de mesures de soutien aux ménages, de rénovations collectives, de réseaux de chaleur, de logements sociaux, etc. ) et, surtout, dans le passage des énergies fossiles aux énergies renouvelables.
Une énergie au service de toutes et tous
SYNOVA participe également aux discussions sur la transition énergétique au sein des instances consultatives fédérales et régionales. L’électrification est nécessaire pour permettre aux ménages et aux entreprises de fonctionner dans les limites planétaires. À l’heure actuelle, le coût des investissements est toutefois trop lourdement répercuté sur la facture des ménages. La récente réforme des accises menées par le gouvernement peut alléger quelque peu cette charge. Cependant, comme le préconisent également la Commission européenne et l’accord de gouvernement, nous demandons au gouvernement de revoir les subventions accordées aux énergies fossiles, qui représentent 15 milliards d’euros et dont seule une fraction profite aux ménages.
Nous attendons également des employeurs qu’ils investissent dans des infrastructures durables et tournées vers l’avenir. Celles-ci doivent être adaptées à la transition vers la neutralité climatique, tenir compte de la biodiversité et de l’utilisation des matières premières, mais aussi être préparées aux effets du changement climatique auxquels nous serons inévitablement confrontés. Nous demandons que des plans de transition soient élaborés au niveau des entreprises et des secteurs, afin d’offrir des perspectives en matière d’emploi et de formations adaptées à court comme à long terme.
Le Jour du dépassement de la Terre nous rappelle que notre modèle actuel n’est pas viable sans corrections écologiques. Année après année, les scientifiques qui calculent la date à laquelle nous dépassons les limites planétaires proposent également de nombreuses solutions permettant de prolonger la viabilité de ce modèle de quelques jours ou de quelques semaines. En tant que syndicat, nous intégrons bon nombre de ces recommandations dans la concertation, tout en veillant à ce que les mesures environnementales soient prises de manière juste. Nous défendons des investissements qui tiennent compte des besoins de la planète et qui renforcent la prospérité des travailleurs et des assurés sociaux. Parce qu’il le faut et parce que c’est possible.