Quand les vacances ne sont plus des vacances
« Juste un petit coup d'œil à mes mails »
Les vacances devraient permettre de se reposer et de prendre du recul. Pourtant, de nombreux travailleurs restent connectés à leur travail, même pendant leurs congés. Si cette disponibilité peut être un choix personnel, elle ne doit jamais devenir une attente implicite de l'employeur. Car pour récupérer pleinement, il faut aussi pouvoir réellement décrocher.
Une récente enquête de monCVparfait révèle que les vacances ne constituent pas toujours une véritable coupure : 63 % des travailleurs déclarent consulter ou effectuer des tâches liées au travail d'une manière ou d'une autre pendant leurs congés annuels.
Le droit à la déconnexion : pourquoi est-il important ?
Le droit à la déconnexion vise à préserver une frontière saine entre le travail et la vie privée. Car le repos n'est pas un privilège : c'est une nécessité.
Les périodes de congé permettent de récupérer physiquement et mentalement, de réduire le stress et de retrouver l'énergie nécessaire pour reprendre le travail dans de bonnes conditions.
Or, lorsqu'un travailleur reste connecté à ses mails ou à ses applications professionnelles, cette coupure devient plus difficile. Même quelques minutes consacrées au travail peuvent maintenir une forme de vigilance et empêcher une véritable déconnexion.
Une protection qui devrait concerner tous les travailleurs
En Belgique, les entreprises privées occupant au moins 20 travailleurs doivent prévoir des modalités concrètes concernant le droit à la déconnexion.
Pour SYNOVA, cette protection ne devrait toutefois pas dépendre de la taille de l'entreprise. Les travailleurs des petites structures peuvent eux aussi ressentir une pression, parfois implicite, pour rester joignables en dehors de leurs heures de travail.
C'est pourquoi nous plaidons pour que cette protection soit étendue à l'ensemble des travailleurs, quel que soit leur employeur.
La liberté avant tout
Les outils numériques ont profondément transformé le monde du travail. Ils offrent davantage de flexibilité et permettent souvent de mieux organiser son activité. C'est une évolution positive.
Mais cette flexibilité doit fonctionner dans les deux sens. Chacun doit rester libre de consulter ses messages professionnels pendant ses congés s'il le souhaite. En revanche, cette disponibilité ne peut jamais devenir une obligation explicite ou implicite, ni résulter d'une pression liée à la culture de l'entreprise.
Au fond, le véritable droit à la déconnexion n'est pas l'interdiction de travailler pendant son temps libre. C'est la liberté de pouvoir choisir de ne pas le faire.