SYNOVA demande un plan canicule structurel sur chaque lieu de travail
Nous ne pouvons pas faire semblant, chaque été, que les vagues de chaleur arrivent par surprise
Passer de l’improvisation à une véritable préparation
Aujourd’hui, les mesures sont souvent prises seulement lorsque les températures ont déjà fortement augmenté. SYNOVA demande que les employeurs évaluent à l’avance l’impact que le changement climatique peut avoir sur leurs travailleurs et leurs activités, et qu'ils en discutent en temps utile avec les représentants des travailleurs. Au niveau sectoriel également, des accords tenant compte des risques et des conditions de travail spécifiques sont nécessaires.
La chaleur doit donc occuper une place à part entière dans l’analyse des risques, la politique de prévention, les plans d’investissement et l’organisation du travail.
Selon le lieu de travail et le secteur, cela peut notamment passer par une meilleure ventilation, des protections solaires et des systèmes de refroidissement, des espaces de repos frais ou ombragés, un accès suffisant à l’eau potable, des vêtements de travail adaptés, des pauses supplémentaires, une réorganisation des tâches ou encore des horaires adaptés.
« La solution idéale ne sera pas la même partout », souligne Gert Truyens. « Mais ne rien préparer et improviser à chaque nouvelle vague de chaleur ne peut plus être la norme. »
En effet, le changement climatique est aussi un enjeu social, car ses conséquences ne s’arrêtent pas aux portes des entreprises. Les travailleurs exerçant des activités en extérieur, effectuant un travail physique pénible, portant des équipements de protection ou travaillant dans des bâtiments, véhicules et environnements de production insuffisamment climatisés sont particulièrement touchés. Mais l’impact va plus loin. Dans les bureaux, les écoles, les commerces et les établissements de soins, une chaleur persistante rendra le travail pénible, malsain, voire dangereux si aucune adaptation n’est mise en place.
Pour SYNOVA, le changement climatique ne peut donc pas être considéré uniquement comme un enjeu écologique ou économique. Il s’agit aussi d’une question de santé, de sécurité et de qualité des conditions de travail.
« Les employeurs doivent prendre leurs responsabilités »
SYNOVA souligne que les travailleurs ne peuvent pas payer eux-mêmes les conséquences de lieux de travail insuffisamment protégés contre la chaleur.
L’adaptation des bâtiments, des processus de travail et de l’organisation du travail relève avant tout de la responsabilité des employeurs. Les secteurs et les pouvoirs publics doivent également jouer leur rôle, notamment en favorisant des accords clairs, un soutien adéquat et les investissements nécessaires.
De plus, les travailleurs ne doivent en outre subir aucune perte de salaire ou de revenus lorsque le travail ne peut être organisé de manière sûre ou praticable en raison de mesures insuffisantes face à la chaleur extrême.
En tant que syndicat, nous estimons que les charges et les avantages liés à la politique climatique doivent être répartis équitablement et ne doivent pas être répercutés sur le travailleur individuel. Cette position s'inscrit dans notre vision plus large du développement durable, qui accorde une place centrale aux investissements, à la protection, à l'information et à la concertation sociale.
Associer les travailleurs aux décisions
Les personnes présentes sur le terrain sont souvent les mieux placées pour identifier les problèmes et déterminer quelles mesures peuvent fonctionner dans la pratique. C’est pourquoi la politique de gestion de la chaleur doit être discutée avec les représentants des travailleurs, au sein du Conseil d’entreprise et du Comité pour la prévention et la protection au travail.
SYNOVA demande que les représentants des travailleurs reçoivent en temps utile des informations sur les analyses de risques, les investissements prévus et les adaptations de l’organisation du travail.
« L’adaptation au changement climatique ne peut pas être un dossier technique traité exclusivement à huis clos », affirme Gert Truyens. « Les travailleurs qui en subissent les conséquences au quotidien doivent être associés aux solutions dès le départ. »
Se préparer aujourd’hui à la chaleur de demain
SYNOVA appelle les employeurs, les secteurs et les pouvoirs publics à faire de l’approche structurelle de la chaleur au travail une priorité.
« La prochaine vague de chaleur ne peut pas être planifiée. La préparation, elle, le peut », conclut Gert Truyens. « Un lieu de travail sûr et praticable exige une politique prévoyante, des investissements et un dialogue social. Et cela, non seulement lorsque les températures atteignent des sommets, mais tout au long de l’année. »