Annualisation du temps de travail : des risques majeurs pour les travailleurs !
Travailler davantage pendant certaines périodes sans sursalaire
Sous couvert de modernisation et de flexibilité, le gouvernement entend introduire des « horaires accordéon » permettant de travailler jusqu’à 12 heures par jour et 48 heures par semaine, pour autant que la durée moyenne du travail soit respectée sur une période d’un an.
Mais derrière cette apparente souplesse se cache une réalité particulièrement préoccupante : les travailleurs pourraient prester des journées et semaines particulièrement longues sans bénéficier des sursalaires auxquels ils ont droit aujourd’hui.
En effet, de nombreuses heures actuellement rémunérées avec un sursalaire pourraient être intégrées dans le calcul annuel du temps de travail, sans compensation financière supplémentaire. Résultat : certains travailleurs pourraient perdre plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’euros par an !
C’est une remise en cause de l’engagement du gouvernement de garantir l’absence de perte de pouvoir d’achat des travailleurs. À l’heure où les ménages doivent déjà faire face à des dépenses croissantes, SYNOVA refuse que la flexibilité des entreprises soit financée par les travailleurs.
SYNOVA refuse que la flexibilité des entreprises soit financée par les travailleurs.
Un accord individuel qui ne garantit pas un véritable libre choix
Le projet de loi prétend que ce système reposera sur l’accord volontaire du travailleur. Mais quelle liberté réelle existe-t-il lorsqu'un travailleur doit négocier seul face à son employeur et qu’il se trouve dans une relation de dépendance économique vis-à-vis de celui-ci ?
SYNOVA dénonce une individualisation des relations de travail qui affaiblit la concertation collective et expose les travailleurs à des pressions, notamment lors de l’embauche ou dans leurs perspectives d’évolution professionnelle.
Des conséquences préoccupantes pour la santé et la vie privée
Des journées de 12 heures, des semaines de 48 heures et des horaires qui fluctuent selon les besoins de l’entreprise : comment concilier ces exigences avec une vie familiale, des responsabilités personnelles ou simplement le droit au repos ?
Cette réforme risque d’accentuer la fatigue, les accidents du travail, les troubles musculosquelettiques et les risques psychosociaux. Elle pourrait également accroître l’imprévisibilité des horaires et fragiliser davantage l’emploi.
La législation actuelle offre déjà de nombreux mécanismes de flexibilité aux entreprises. Le gouvernement n’a pas démontré la nécessité d’en ajouter un nouveau, aussi lourd de conséquences pour les travailleurs.
La flexibilité, oui, mais pas aux dépens des travailleurs
Pour SYNOVA, la flexibilité ne peut pas se construire au prix d’une diminution des revenus, d’une dégradation des conditions de travail et d’un affaiblissement des protections collectives.
SYNOVA continuera à défendre le pouvoir d’achat, la santé et les droits collectifs des travailleurs.