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Un « cadeau » pour le 1er mai : ce qui change pour le droit du travail

Gepubliceerd op
04/05/2026

Le jeudi 30 avril, veille de la fête du Travail, le gouvernement Arizona a obtenu de nouvelles avancées pour sa réforme du droit du travail. Tout un symbole.

Portées notamment par le ministre de l’Emploi David Clarinval, ces mesures modifient plusieurs aspects concrets du quotidien des travailleurs. Certaines d’entre elles entrent en vigueur dès le 1er juin 2026, d’autres sont déjà d’application depuis le 1er avril.

Voici un aperçu des principaux changements.

Suppression de l’interdiction générale du travail de nuit

À partir du 1er juin 2026, les règles encadrant le travail de nuit sont fortement assouplies :

  • Le travail de nuit (entre 20h et 6h) ne sera plus interdit. Tous les secteurs pourront désormais organiser du travail de nuit sans devoir invoquer de dérogation légale.
  • Les procédures pour introduire le travail de nuit dans les entreprises seront assouplies.
  • Les travailleurs engagés dans le secteur de distribution (en ce compris y compris le secteur électronique) après le 1er juin 2026 ne bénéficieront d’une prime de nuit qu’à partir de 23h (au lieu de 20h auparavant) et jusqu’à 6h. Les travailleurs déjà en poste conservent, eux, leurs droits actuels.

L’avis de la CGSLB

Cette mesure constitue un véritable recul dans la protection des travailleurs. Il n’est jamais bon de banaliser le travail de nuit, sachant que cela entraîne des conséquences sur la qualité de vie des travailleurs. En outre, en assouplissant les procédures pour introduire le travail de nuit, les employeurs pourront plus facilement faire travailler la nuit, et contourner la concertation sociale. Enfin, ce projet de loi entraine une véritable discrimination pour les travailleurs du secteur de la distribution.

Les horaires ne doivent plus être repris dans le règlement de travail

Les règles relatives aux horaires de travail évoluent également :

  • les employeurs ne devront plus inscrire tous les horaires individuels dans le règlement de travail ;
  • ils pourront définir un cadre général (jours et plages horaires), dans lequel les horaires concrets devront s’inscrire ;
  • la procédure en cas de désaccord sur ces horaires est également simplifiée, avec moins de contraintes pour l’employeur.

L’avis de la CGSLB

et affaiblissement des règles de publicité peut rendre les horaires de travail moins prévisibles pour les travailleurs. Les organisations syndicales se voient également réduire leur capacité à contester certaines modifications au sein d’une commission paritaire.

Le délai de préavis plafonné à un an

À partir du 1er juin 2026, le délai de préavis en cas de licenciement sera limité à 52 semaines (un an) pour les nouveaux contrats de travail. Cette règle ne s’applique pas aux contrats en cours.

Aujourd’hui, ce plafond est généralement atteint après environ 17 ans d’ancienneté. Concrètement, même si un travailleur reste plus longtemps dans l’entreprise, son préavis ne pourra plus dépasser un an.

L’avis de la CGSLB

Il s’agit d’un recul dans la protection des travailleurs. Avant cette réforme, un travailleur avec 17 ans d’ancienneté avait déjà droit à un préavis de 54 semaines, et ce délai continuait à augmenter à chaque année supplémentaire.

Durée minimale de travail : flexibilité maximale

À partir du 1er juin 2026, la durée minimale de travail pour les temps partiels est revue à la baisse. La règle précédente imposait un minimum d’un tiers d’un temps plein. Elle est remplacée par une nouvelle limite fixée à un dixième d’un temps plein.

L’avis de la CGSLB

Il devient possible de proposer des contrats très courts, d’à peine quelque heures par semaine. Un net recul de la protection des travailleurs à temps partiel.

Extension des heures supplémentaires volontaires

Le régime des heures supplémentaires volontaires (HSV) a été élargi depuis le 1er avril 2026.

Un travailleur peut désormais prester jusqu’à 360 heures supplémentaires volontaires par an (450 dans l’horeca), sans repos compensatoire.

En outre, les 240 premières heures (360 dans l’horeca)

  • ne donnent pas droit à un sursalaire
  • sont exonérées d’impôts et de cotisations sociales

Un accord écrit entre le travailleur et l’employeur reste obligatoire, valable pour une durée d’un an.

L’avis de la CGSLB

Cette réforme réduit le rôle des représentants des travailleurs, puisque ces heures supplémentaires peuvent être décidées via un simple accord individuel. Elle augmente aussi le risque de surcharge de travail et d’épuisement, sans compensation équivalente.

Jobs étudiants : un accès élargi dès 15 ans

Le gouvernement élargit l’accès au travail étudiant. Désormais, tous les jeunes pourront travailler comme étudiants à partir de 15 ans (à partir de la 3e secondaire) dans certains jobs spécifiques, sans devoir attendre la fin de l’obligation scolaire à temps plein. Par ailleurs, certaines activités seront également possibles le dimanche et les jours fériés pour les jeunes à partir de 16 ans, notamment dans le commerce, les soins ou comme sauveteur. 

L’avis de la CGSLB

La notion de « travail léger », censée encadrer ces activités, reste floue et pourrait exposer les jeunes à des conditions de travail inadaptées. La CGSLB insiste sur la nécessité de garantir la santé, la sécurité et le parcours scolaire des étudiants.

En savoir plus

Ce qu’il faut retenir

Ces mesures visent principalement à accroître la flexibilité du marché du travail. Elles modifient en profondeur l’organisation du travail, les horaires et certaines protections existantes. Elles affaiblissent également la concertation sociale, que ce soit au niveau interprofessionnel, sectoriel ou au niveau de l’entreprise. La CGSLB restera attentive à l’impact de ces mesures et continuera de défendre des conditions de travail équitables et équilibrées.

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