Jobs étudiants dès 15 ans : pourquoi les syndicats alertent sur la notion de « travail léger »
Depuis peu, la loi belge permet aux jeunes de 15 ans, même encore soumis à l’obligation scolaire à temps plein, d’exercer un job étudiant. Si cette évolution peut sembler positive à première vue, les syndicats mettent en garde contre les risques liés à la définition des “travaux légers” autorisés pour ces mineurs. C’est pour cette raison qu’ils ont rendu un avis défavorable au sein du Conseil national du travail (CNT).
Un élargissement du travail étudiant sous conditions
La loi du 18 décembre 2025 élargit l’accès au travail étudiant aux jeunes de 15 ans, indépendamment de leur obligation scolaire. Cette ouverture est toutefois encadrée :
- par des limitations strictes des horaires ;
- et par une restriction des activités autorisées aux seuls « travaux légers », définis par arrêté royal.
C’est cette liste d’activités que le CNT a été amené à examiner.
Un avis divisé au CNT
Sur ce dossier, les partenaires sociaux n’ont pas trouvé de position commune.
Les organisations d’employeurs se sont montrées favorables à la mesure et estiment que la liste des activités autorisées est trop restrictive.
Les organisations syndicales, dont la CGSLB, ont au contraire rendu un avis négatif. Elles estiment que la possibilité de faire travailler des jeunes de 15 ans encore soumis à l’obligation scolaire à temps plein constitue un risque important, tant pour leur parcours scolaire que pour leur développement physique et psychologique.
« Travaux légers » : une notion trop floue et trop risquée
Le projet d’arrêté royal cite 4 types de travaux dits légers : préposé au vestiaire, emballage de petits colis, réassortisseur et assistant de vente dans le commerce de détail.
Pour la CGSLB, derrière l’appellation rassurante de « travaux légers » se cachent, en réalité, des tâches qui peuvent s’avérer physiquement lourdes, dangereuses ou stressantes.
La pratique montre notamment que :
- Certaines tâches entraînent une surcharge physique, comme le remplissage de rayons, l’emballage ou le déplacement de marchandises dans les commerces.
- La manipulation ou la proximité d’équipements dangereux est fréquente, par exemple dans les boulangeries, boucheries, magasins de bricolage ou d’électroménager.
- Le travail à la caisse ou le contact avec la clientèle génèrent une pression et une responsabilité qui ne sont pas adaptées à des jeunes de 15 ans.
- Les environnements logistiques ou les entrepôts ne peuvent en aucun cas être considérés comme des lieux de travail « légers ».
Un impact potentiel sur la scolarité et le bien-être
Les syndicats alertent également sur les risques psychosociaux. La combinaison d’un job étudiant avec une obligation scolaire à temps plein peut conduire à une fatigue mentale, voire physique, croissante. Or, le temps passé à l’école doit rester prioritairement consacré à l’apprentissage et au développement personnel.
Pour la CGSLB, l’obligation scolaire, les droits de l’enfant et le droit à un développement sûr et équilibré doivent toujours primer sur des considérations économiques.
Un appel à plus de clarté et de protection
Même si l’avis du CNT est divisé, un point fait consensus : le projet de texte manque de clarté. Les partenaires sociaux demandent que les administrations compétentes fournissent des instructions précises, notamment en matière de santé et de sécurité au travail, accompagnées d’exemples concrets.
En l’état, la CGSLB estime que la liste proposée des « travaux légers » n’offre pas de garanties suffisantes pour protéger les mineurs contre un travail physiquement ou psychologiquement pénible. C’est pourquoi elle a rendu un avis défavorable.
Besoin d’informations ou d’accompagnement ?
Parents, jeunes travailleurs ou affiliés concernés par le travail étudiant peuvent s’adresser à leur secrétariat CGSLB pour obtenir des informations fiables et adaptées à leur situation.