La politique climatique crée de l’emploi, à condition de bien l’aborder
L’administration du climat a étudié l’impact des politiques climatiques sur l’emploi dans l’économie belge. Son analyse s’est concentrée sur six secteurs : le transport, la santé, les secteurs verts, l’enseignement, la recherche et le développement, et l’économie circulaire. Les résultats sont encourageants, mais ils appellent à une action réfléchie et structurée.
Une transition porteuse de croissance de l’emploi
Selon le rapport, la transition vers une économie neutre en carbone d’ici 2050 entraînera une augmentation nette du nombre d’emplois. Cependant, de profondes mutations auront lieu à l’intérieur des secteurs, et la nature même du travail changera considérablement.
Un accompagnement indispensable
Ces transformations sont réalisables, mais elles doivent être soigneusement accompagnées, soulignent les chercheurs. Sans cadre d’encadrement solide, la croissance de l’emploi ne se concrétisera pas. Le rapport formule donc plusieurs recommandations pour le marché du travail, insistant sur l’importance de la formation et du développement des compétences (via notamment le Forem, Actiris, les fonds sectoriels, l’enseignement, etc.).
Une offre de formation trop axée sur le court terme et les grandes entreprises
Les chercheurs constatent que l’offre actuelle de formation répond surtout aux besoins immédiats du marché du travail, et que les grandes entreprises établies influencent fortement la définition de ces besoins. Conséquence : les compétences nécessaires à la transition - à moyen terme, ou dans le cadre de jeunes entreprises innovantes - sont encore trop peu prises en compte.
Des compétences pour l’avenir
Les organismes de formation, les établissements d’enseignement et les fonds sectoriels sont invités à développer une offre tournée vers l’avenir.
Elle doit inclure à la fois des compétences techniques, en particulier pour les profils moyennement qualifiés, des connaissances sur le changement climatique et la transition, et des soft skills liées à la gestion du changement.
L’attractivité des nouveaux emplois
De nouveaux emplois verront le jour, mais seront-ils suffisamment attractifs ? La formation ne suffira pas à elle seule. Au-delà des affinités personnelles (tout mécanicien voudra-t-il entretenir des moteurs électriques ?), les chercheurs rappellent que ces nouveaux métiers ne seront pourvus que si les conditions de travail sont décentes et motivantes.
Le rapport plaide donc pour une plus forte présence syndicale dans les secteurs émergents, afin d’y négocier davantage de conventions collectives équilibrées.
Une planification sectorielle pour réussir la transition
Les auteurs appellent à élaborer des plans sectoriels de transition à moyen terme.
L’évaluation des besoins futurs en compétences est essentielle pour permettre aux pouvoirs publics, aux institutions et aux acteurs de la formation d’anticiper ces évolutions. Le rapport adresse également un appel appuyé aux fonds sectoriels afin qu’ils adaptent leur offre aux emplois durables de demain.
La CGSLB partage pleinement cette vision
Cette étude confirme de nombreux constats et positions défendus par la CGSLB.
Nous plaidons, nous aussi, pour un meilleur droit à la formation pour chaque travailleur, et pour la mise en œuvre urgente de plans de transition au niveau des entreprises et des secteurs, afin d’offrir de réelles perspectives aux salariés. Pour que personne ne soit laissé de côté dans une économie durable, il faut investir massivement dans les infrastructures, dans la technologie, mais avant tout dans les personnes !