Pas d'expérience sans premier emploi. Pas de premier emploi sans expérience ?
Pour de nombreux jeunes, l'été est synonyme de diplôme en poche. D'autres espèrent encore décrocher le leur après la seconde session. Une nouvelle étape commence alors : la recherche d'un premier emploi.
Cette transition entre les études et la vie professionnelle n'a jamais été simple. Une récente étude d'Acerta est venue renforcer ce constat : le nombre de jeunes de moins de 25 ans entrant sur le marché du travail via un contrat fixe a reculé de près de 20 % par rapport à l'année précédente.
Ces chiffres doivent être interprétés avec prudence. Les statistiques disponibles ne permettent pas de conclure à un décrochage massif de l'emploi des jeunes et, chaque année, le pic de chômage observé après les sorties d'études est généralement absorbé par le marché du travail dans les mois qui suivent. Mais l'étude met le doigt sur une réalité que de nombreux jeunes connaissent bien : l'accès à une première expérience professionnelle reste souvent compliqué.
Une étape importante, mais pas toujours évidente
Trouver son premier emploi représente souvent un défi. Les candidatures s'enchaînent, les réponses tardent parfois à arriver, et les critères demandés dans certaines offres peuvent sembler décourageants pour des personnes qui débutent leur carrière.
Même lorsqu'un jeune dispose d'un diplôme, d'un stage, d'une expérience comme étudiant jobiste ou de compétences numériques solides, il n'est pas toujours évident de convaincre un employeur de lui donner sa chance.
Si certaines entreprises restent confrontées à une pénurie de talents, de nombreux jeunes ont malgré tout le sentiment qu'il est devenu plus difficile d'obtenir ce fameux premier contrat qui permet de démarrer une carrière.
L'expérience ne tombe pas du ciel
La demande d'expérience professionnelle reste l'une des principales difficultés rencontrées par les jeunes candidats.
Le paradoxe est bien connu : pas d'expérience sans premier emploi, mais pas de premier emploi sans expérience.
Pourtant, chaque travailleur expérimenté a lui aussi commencé un jour en tant que débutant. Les compétences professionnelles se construisent avec le temps, grâce à l'accompagnement, à la pratique et aux opportunités offertes sur le terrain.
Dans un contexte où la concurrence peut être plus forte pour certains postes, il est compréhensible que les employeurs recherchent des profils rapidement opérationnels. Mais à long terme, cette logique trouve ses limites. Les organisations qui souhaitent disposer demain de collaborateurs expérimentés doivent accepter aujourd'hui de donner leur chance aux talents qui débutent.
Les jeunes représentent un investissement pour l'avenir
Dans le débat sur l'emploi des jeunes, on parle souvent de ce qu'ils doivent apporter à l'entreprise. Mais il est aussi utile de rappeler ce qu'ils apportent déjà.
Les jeunes travailleurs arrivent avec de nouvelles connaissances, un regard neuf sur les pratiques existantes et une familiarité naturelle avec les technologies qui transforment le monde du travail. Ils constituent également un atout important dans un contexte marqué par le vieillissement progressif de la population active.
La diversité des âges au sein des équipes est une richesse. Les collaborateurs expérimentés transmettent leurs connaissances et leur savoir-faire. Les plus jeunes apportent leur énergie, leurs nouvelles compétences et leur capacité d'adaptation. C'est cette complémentarité qui permet aux organisations de se développer durablement. La professeure Kim de Meulenaere avait fait le même constat dans notre magazine Librement.
Investir dans les jeunes aujourd'hui, c'est également préparer les compétences dont les entreprises auront besoin demain.
La formation, une responsabilité partagée
Le monde du travail évolue rapidement. Digitalisation, intelligence artificielle, changement climatique et nouvelles méthodes de travail modifient les compétences recherchées dans de nombreux secteurs. Dans ce contexte, la formation tout au long de la carrière devient essentielle.
L'enseignement joue évidemment un rôle fondamental en préparant les jeunes à apprendre et à s'adapter. Mais les employeurs ont également une responsabilité importante. Un premier emploi doit être un lieu où l'on peut continuer à développer ses compétences et construire son parcours professionnel.
Chez SYNOVA, nous défendons depuis longtemps l'importance du droit individuel à la formation. Parce que personne ne peut être immédiatement prêt à tout. Parce que chacun doit avoir la possibilité d'évoluer et d'apprendre tout au long de sa vie professionnelle.
Donner aux jeunes une véritable chance
Au-delà de l'accès à l'emploi, les jeunes ont aussi besoin de transparence et de respect dans leurs démarches.
Trop de candidats envoient aujourd'hui des dizaines de candidatures sans jamais recevoir de réponse. Cette situation génère de l'incertitude et de la frustration, particulièrement lorsqu'il s'agit de décrocher un premier emploi.
C'est pourquoi SYNOVA plaide notamment pour un renforcement de la CCT n°38 concernant le recrutement et la sélection. Chaque candidat devrait recevoir une réponse à sa candidature et, en cas de refus, obtenir un retour lui permettant de comprendre la décision et de progresser.
Chercher un premier emploi est déjà un défi en soi. Cela ne devrait pas être un parcours dans le brouillard.
Au-delà de ses propositions politiques, SYNOVA agit également sur le terrain. Grâce aux ateliers organisés par JEUNES SYNOVA dans les écoles, les élèves découvrent concrètement comment rechercher un emploi, réussir une candidature et mieux comprendre leurs droits. L'objectif : permettre aux jeunes d'aborder leur entrée dans la vie active mieux informés, mieux préparés et plus confiants. En savoir plus ici : https://www.synova.be/fr/jeunes-synova/workshops-en-classe.
Au moment où de nombreux jeunes diplômés s'apprêtent à entrer sur le marché du travail, il est important de rappeler une évidence : les talents de demain ne naissent pas avec de l'expérience. Ils la construisent grâce aux chances qui leur sont données.
Offrir ces opportunités, c'est investir à la fois dans les personnes et dans l'avenir de notre économie. C'est aussi une manière concrète de renforcer les personnes, dans leur travail comme dans leur vie, aujourd'hui comme demain.