La CGSLB critique l’accord énergétique du gouvernement
Trop peu contraignant et trop temporaire, les travailleurs restent dépendants de leur employeur
La CGSLB voit d’un œil critique l’accord du gouvernement fédéral concernant le soutien temporaire face à la hausse des prix de l’énergie et du carburant. S’il est positif que des mesures soient prises, le syndicat estime que ce dispositif est trop limité, trop peu contraignant et surtout pas assez structurel.
Ce n’est pas une véritable solution pour les travailleurs, mais un emplâtre sur une jambe de bois. Ceux qui recevront quelque chose le devront à leur employeur. Ceux qui n’auront pas de chance ne recevront rien. Ce n’est pas une mesure politique, c’est de la dépendance.
Peu contraignant et inégal
La principale mesure, qui prévoit d’inciter fiscalement les employeurs à augmenter l’indemnité kilométrique des travailleurs, n’offre selon la CGSLB aucune garantie.
« Il n’y a aucun automatisme pour les travailleurs. Tout dépend de la décision de l’employeur », souligne Gert Truyens. « Cela risque d’accentuer les inégalités entre travailleurs, selon le secteur ou l’entreprise. Nous partons du principe d’un droit pour chaque travailleur, pas d’un choix facultatif de l’employeur. »
Une alternative structurelle
Une CCT supplétive
La CGSLB avance également une alternative concrète. Aujourd’hui encore, un grand nombre de travailleurs ne bénéficient d’aucune intervention dans leurs déplacements domicile-travail et restent totalement exclus.
« C’est pourquoi nous plaidons pour une CCT supplétive qui serve de véritable filet de sécurité », explique Gert Truyens. « Chaque travailleur, quel que soit son lieu de travail, doit avoir droit à une intervention minimale d’au moins 70 % du prix d’un abonnement de train. »
« Un tel cadre permet d’assurer davantage d’égalité et de sécurité, indépendamment des choix individuels des employeurs », ajoute-t-il.
Des mesures trop temporaires et sans impact structurel
Le caractère temporaire des mesures soulève également des questions. Après trois mois, les aides prennent fin, alors que les problèmes de fond persistent.
« Il n’est pas réaliste de penser que les prix de l’énergie et les coûts de mobilité seront revenus à un niveau normal d’ici là », déclare Gert Truyens. « L’espoir repose à nouveau sur nos négociateurs pour transformer, au niveau des secteurs et des entreprises, une hausse temporaire en accords structurels. »
Le syndicat pointe aussi des occasions manquées pour aborder le problème de manière plus large. L’accent est presque exclusivement mis sur la voiture, alors que la nécessité d’une politique de mobilité plus large est connue depuis longtemps.
« Des investissements dans les transports publics, des indemnités vélo et des accords clairs au niveau sectoriel auraient pu faire immédiatement la différence, pour les travailleurs comme pour les employeurs », conclut Gert Truyens.
« Les travailleurs n’ont pas besoin de mesures temporaires, mais de solutions structurelles qui restent efficaces. »