Fermeture du point info visit.brussels : les syndicats dénoncent
Les organisations syndicales SYNOVA, CNE et SETCa-FGTB prennent acte de l’accord conclu entre la direction de visit.brussels et le gouvernement, qui garantit un cadre légal de départ volontaire pour les travailleuses et les travailleurs. Après les annonces du gouvernement de réduire de 64% les subsides de visit.brussels, la concertation sociale a permis d’aboutir à un cadre acceptable pour les travailleurs et travailleuses.
Mais ceci ne modifie toutefois en rien le fond du problème : la décision de mettre fin à plusieurs activités de visit.brussels est avant tout un choix politique, dont les conséquences seront lourdes pour le secteur du tourisme, pour les missions de l'asbl et pour son personnel.
Ce choix entraîne notamment la disparition des centres d’accueil des visiteurs, qui, depuis près de 70 ans, constituent une porte d’entrée essentielle vers Bruxelles et participent au rayonnement de notre capitale. Au cours des cinq dernières années, plus de 1,2 million de visiteurs y ont été accueillis, soit environ 250 000 personnes chaque année.
La mobilisation du personnel et des organisations syndicales a conduit à l'obtention de garanties sociales minimales et a permis de préserver une partie plus importante des activités et des emplois. Mais cela n'a pas empêché la poursuite d'une orientation politique plus large : celle d'un gouvernement qui choisit de réduire les moyens consacrés au tourisme, à la culture et aux services d'intérêt collectif. Les coupes budgétaires présentées comme inévitables ne relèvent pourtant pas d'une fatalité économique ; elles traduisent des priorités politiques. D'autres choix étaient possibles, d'autres arbitrages auraient pu être faits.
Ce mardi 30 juin 2026 voit non seulement le départ de nombreuses et nombreux collègues, c’est aujourd’hui aussi que ferme définitivement le point d’information touristique de visit.brussels sur la Grand-Place.
Ce qui se joue aujourd'hui chez visit.brussels dépasse largement cette institution.
La même logique est déjà partout à l’œuvre dans le secteur non-marchand bruxellois : réduction des financements structurels, remise en cause des missions de service public, précarisation des emplois et intensification du travail. Cette dynamique fragilise durablement les équipes et affaiblit progressivement le lien entre les politiques publiques, la culture, le tourisme et les citoyennes et citoyens.
À Bruxelles, l’ensemble du secteur non-marchand subit également des restrictions budgétaires croissantes de la part des différents niveaux de pouvoir : maisons médicales et la santé préventive et mentale, centres culturels, centres d’hébergement, associations d’éducation permanente, structures d’aide sociale, crèches ou encore organisations d’insertion socioprofessionnelle, …. Ces acteurs, pourtant essentiels à la cohésion sociale et à l’accès aux droits fondamentaux, voient leurs moyens se réduire alors que les besoins de la population bruxelloise ne cessent d’augmenter.
Les effets cumulés de ces politiques d’austérité risquent d’accentuer les inégalités sociales dans la Région bruxelloise, en limitant l’accès à des services essentiels pour de nombreux habitants tout en réduisant le potentiel de création d’emploi. Le secteur non-marchand, qui constitue un pilier du vivre-ensemble à Bruxelles, ne peut être considéré comme une variable d’ajustement budgétaire.
Les travailleuses et travailleurs de visit.brussels expriment aujourd'hui leur incompréhension et leur profonde tristesse. Ils et elles refusent que cette décision soit présentée comme le fruit d'une concertation pleinement aboutie, alors qu'elle procède avant tout d'une volonté politique. Demain, ils fermeront la porte du BIP Grand-Place pour la dernière fois. A 15h00, une action symbolique y sera organisée et nous appelons tous les citoyens à venir nombreux pour témoigner leur soutien.
Nous tenons à le rappeler avec force : la disparition de ces activités n'est pas une nécessité, mais un choix. Un choix politique dont le gouvernement assume la responsabilité et auquel nous continuerons de nous opposer.
Les organisations syndicales SYNOVA, SETCa et CNE réaffirment leur solidarité avec l'ensemble du secteur. Elles appellent à une vigilance collective face à des politiques d'austérité qui, institution après institution, remettent en cause et fragilisent durablement des missions essentielles au vivre-ensemble.