Secteur chimique : un délégué de la CGSLB lance une lettre ouverte aux décideurs européens
Les travailleurs du secteur chimique tirent la sonnette d’alarme
L’industrie chimique en Belgique et en Europe traverse une crise profonde. Dans ce contexte, Ben Verbergt, technicien électricien et délégué CGSLB chez INEOS Inovyn à Lillo, a pris l’initiative de porter directement la voix du terrain auprès des décideurs européens. Il a rédigé une lettre ouverte dans laquelle il appelle les travailleurs de l’ensemble du secteur à exprimer collectivement leurs inquiétudes.
Le 11 février, des entreprises du secteur de la chimique et des responsables politiques européens se réuniront à Anvers à l’occasion de la conférence de la CEFIC, où la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, abordera la situation de l’industrie. Pour des milliers de travailleurs plongés aujourd’hui dans l’incertitude, ce rendez-vous constitue un moment crucial.
Un secteur en grande difficulté
Longtemps pilier solide de notre économie, le secteur de la chimie est aujourd’hui confronté à des coûts énergétiques élevés, à une baisse de la demande et à des investissements reportés. En 2024, plus de mille emplois ont disparu dans la chimie belge. En 2025, rien que sur les neuf premiers mois, plus de 2 000 emplois ont déjà fait l’objet d’annonces de licenciement collectif. Dans le port d’Anvers, restructurations et fermetures se succèdent à un rythme soutenu.
Une concurrence (dé)loyale ?
Dans sa lettre ouverte, Ben Verbergt traduit l’inquiétude croissante qui règne sur le terrain. Il pointe le déclin rapide d’une industrie autrefois florissante et l’impact de la concurrence internationale :
La demande pour nos produits existe toujours, mais nous sommes évincés par des acteurs non européens soumis à d’autres règles du jeu. Si rien ne change, encore davantage d’emplois disparaîtront.
Il souligne que le secteur dispose toujours de nombreux atouts, mais que les travailleurs ont le sentiment de perdre prise sur leur avenir.
La CGSLB partage ces préoccupations et agit, aux côtés de la Confédération européenne des syndicats (CES) et via IndustriAll, en faveur de mesures visant à ancrer durablement l’industrie en Europe. Celle-ci doit pouvoir miser pleinement sur la qualité et la durabilité de ses produits.
Il s’agit de plus d’un million d’emplois en Europe. C’est pourquoi nous demandons des mesures concrètes pour limiter l’exposition de l’industrie européenne à la concurrence déloyale en provenance de pays hors UE. Nous plaidons pour des règles du jeu équitables, avec les mêmes exigences pour tous.
Une action fidèle à l’ADN de la CGSLB : constructive et tournée vers l’avenir
Cette lettre ouverte illustre parfaitement le syndicalisme CGSLB version 2.0 :
pas de blocages, pas de sabotage, mais une action responsable et orientée vers des solutions.
Le Syndicat libéral fait résolument le choix du dialogue et du progrès, et laisse à ses délégués la liberté d’exprimer leurs préoccupations individuelles, dans l’intérêt des travailleurs et de l’avenir de l’industrie.