Quel avenir pour le commerce ? Appel à la grève des travailleurs et des consommateurs ce 14/10
Le front commun syndical lance un nouveau cri d’alarme face à la situation du secteur commerce en Belgique. Tant les mesures qui sont sur la table du gouvernement que l’attitude de Comeos, la Fédération des entreprises du commerce, pousse le secteur à sa perte. L’heure est grave. Le 14 octobre prochain, les organisations syndicales appellent tous les travailleurs à sortir de leur magasin pour participer à l’action de grève nationale. Elles appellent aussi tous les clients à faire grève de la consommation donc à ne pas faire leurs courses ce jour-là en signe de solidarité et à rejoindre la manifestation.
La concertation sociale dans le commerce n’a jamais été un long fleuve tranquille mais elle atteint aujourd’hui un point de non-retour. Les négociations avec Comeos en vue de discuter de solutions au sein des commissions paritaires n’avancent pas, les employeurs s’obstinant à vouloir saucissonner les dossiers CP par CP alors que l’harmonisation des CP est plus que jamais nécessaire notamment depuis la franchise des Delhaize ou au vu de la multiplication des constructions juridiques qui visent à échapper aux CP les moins mauvaises socialement. Parallèlement à cette attitude bien connue des employeurs de refuser de discuter de tous les aspects, le secteur est confronté à une pression de toutes parts en matière de conditions de travail et de flexibilité suite aux mesures Arizona : travail de nuit, élargissement des heures d’ouverture et du dimanche, suppression du jour de repos obligatoire, …
La situation dans le secteur est intenable tant le système est dérégulé. Myriam Delmée, présidente du SETCa précise : « Entre enseignes, c’est la surenchère et c’est l'escalade vers la dégradation des conditions de travail. Le gouvernement, en dérégulant toujours plus, met les employeurs dans un fauteuil : tout tombe du ciel pour eux ! Si des balises ne sont pas définies au niveau sectoriel, demain, de nouvelles restructurations risquent de voir le jour avec pertes d’emplois et fermetures d’enseignes à la clé. Nous l’avons déjà dit et nous le répétons : si des solutions ne sont pas trouvées rapidement entre interlocuteurs sociaux, c’est tout le secteur du commerce en Belgique qui risque de mourir à petit feu. Ce sont des acquis sociaux historiques (tel que le repos dominical, les temps partiels minimum) qui vont disparaitre à jamais. »
La manifestation nationale de ce 14 octobre vise à dénoncer les mesures injustes du gouvernement. Ce jour-là, le commerce sera lui aussi en action. Face à la gravité de la situation, les syndicats en front commun demandent à tous les travailleurs et consommateurs de se mobiliser et appellent à la grève dans tout le secteur. « Un geste fort parce qu’il faut agir, maintenant, pour sauver ce qui reste du commerce en Belgique. », comme l’explique Wilson Wellens, responsable commerce du côté de la CGSLB.
Toutes les mesures en lien avec le commerce qui sont prévues dans l’accord Arizona doivent être discutées et faire l’objet d’une position commune entre interlocuteurs sociaux. En d’autres cas, c’est le gouvernement qui reprendra la main et adoptera définitivement ses dispositions sur le sujet. Il s’agit pourtant de matières qui relèvent de la concertation sociale et doivent le rester. Myriam Djegham, secrétaire nationale CNE conclut : « Nous lançons un ultime appel aux employeurs. Des solutions raisonnables qui respectent les CCT en vigueur et préservent qualité d’emploi, santé et vie privée des travailleurs doivent pouvoir être trouvées au niveau des commissions paritaires du commerce. Il va de l’avenir de tout le secteur. Si nous ne sommes pas entendus, le rapport de force se fera entendre. »